DEMéter : Revue
électronique du
Centre
d'Etude des Arts Contemporains
de l’Université de
Lille-3
ISSN : 1638-556X
DEMéter (Villeneuve d'Ascq)
Dir. Vincent Tiffon
|
Dialogue des arts : Cette thématique propose des articles dont l'objectif est de sortir des frontières de la spécialité pour s'ouvrir à la question de la relation des arts au sein de la création contemporaine (processus musicaux à l'origine d'œuvres littéraires ; musicalité des langues dans la poésie et la littérature ; mythes traversant les imaginaires nationaux européens - Faust, par exemple, croisements cinéma/arts plastiques/littérature/architecture…). [Joëlle Caullier, coordinatrice de la thématique « dialogue des arts »]. |
|
A la recherche du temps perdu : de Wagner à Schönberg |
|
par Eve-Norah PAUSET, |
|
Agrégé de musique et docteur en musicologie. |
|
Résumé : |
|
On a souvent fait le parallèle entre la composition musicale, notamment wagnérienne, et À la recherche du temps perdu de Proust. Mais si la culture musicale de Proust, les goûts de Proust, les compositeurs cités dans son œuvre, compositeurs au reste utilisés pour construire l’œuvre de Vinteuil, inclinent à opérer le transfert, le compositeur fictif et la « petite phrase » de sa sonate sont là pour illustrer autre chose qu’une structure transférable, l’œuvre de Vinteuil étant là pour diriger l’enjeu du roman : l’œuvre future. Or, certains commentateurs ont valorisé la place essentielle accordée au fragment dans le roman : de la fragmentation même de celui-ci par sa génétique, à la place prépondérante qui lui est offerte comme thématique sous-jacente, en particulier dans sa confrontation à la succession et à l’unité. Rôle primordial donc, qui fait retour sur les arts « du temps » et la discussion d’un art fragmentaire (de la facettisation à l’ébauche) comme d’un temps-espace, lequel est également l’enjeu de la réception de l’art qui s’aborde très souvent en termes visuels chez Proust, jusqu’à provoquer la frustration du héros du roman, et la prise de conscience de ses lacunes qui l’ont empêché de créer lui-même : l’impossibilité de synthétiser les arts ; l’impossibilité d’aimer totalement une œuvre qui ne se présente que fragmentairement ; l’impossibilité d’être le génie dont la vision englobe la totalité de l’œuvre en tant que volume. |
|
Boucourechliev et Celan. A propos de Lit de neige |
|
par Antoine BONNET, |
|
Compositeur, Professeur à l'Université de Rennes 2. |
|
Résumé : |
|
Si Boucourechliev a peut-être côtoyé Celan autour des questions de l’autre et de la mise à distance du souci de l’art dont témoigne son approche de l’œuvre dite « ouverte » dans les Archipels, il s’en est plus surement détourné en mettant en musique Lit de neige (Schneebett) dans un esprit qui est celui de la tradition lyrique européenne. Surgit alors la question plus générale de la sortie du romantisme. |
|
Stimmen : l'exposition des voix. Lecture musicale de Celan |
|
par Antoine BONNET, |
|
Compositeur, Professeur à l'Université de Rennes 2. |
|
Résumé : |
|
On s’efforce de comprendre un apparent paradoxe : la présence de fait dans le poème Stimmen d’une certaine « construction » (au sens où le musicien sait en repérer dans les partitions) alors que Celan est à l’opposé de toute approche formaliste de la poésie. Une interprétation est faite de « l’oubli » de la cinquième partie du poème lors d’une lecture enregistrée, oubli qui a pour effet de ruiner ladite construction. Le texte fait également un rapprochement avec la « grille » d’un chant hussite dont parle Jakobson à propos du parallélisme en poésie. |
|
Télécharger l’article au format PDF (1409 ko) : le temps de téléchargement peut être long |
Revue DEMéter : revue électronique du Centre d’Etude des Arts Contemporains (Université de Lille-3)