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Revue
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Centre d'Etude des Arts Contemporains
de
l’Université de Lille-3
ISSN
: 1638-556X
DEMéter (Villeneuve d'Ascq)
Dir. Vincent Tiffon
Bulletin n°6
www.univ-lille3.fr/revues/demeter
Rubrique [L'interprétation] :
[Joëlle Caullier,
coordinatrice de la thématique L'interprétation].
Eric CONTINI, « Curieux discours d'interprètes : naïvetés, schizophrénie ou impossibilité ? », DEMéter, avril 2012, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/interpretation/contini.pdf
Résumé : La lecture de textes écrits par de grands interprètes s'avère la plupart du temps décevante lorsqu'on y cherche des analyses un peu fouillées de l'acte interprétatif lui-même, pourtant l'objet de leur pratique quotidienne. Ces textes, que nous appellerons ici discours, limitent le rôle de l'interprète, d'une part à celui d'un inlassable « interrogateur » d'une hypothétique œuvre authentique accessible à travers la partition, et d'autre part à celui d'un simple medium honnête, scrupuleux et objectif, capable de communiquer l'œuvre au récepteur sans interpolation d'éléments qui lui sont personnels. La persistance de tels discours - leur naïveté -, nous l'expliquons à la fois par des raisons historiques et des raisons de commodité pour ceux qui les utilisent habilement. Ils exposent cependant à des dangers - la schizophrénie - ceux qui y adhéreraient pleinement. Heureusement, des discours plus subtils se rencontrent quelquefois, mais ils paraissent rapidement s'essouffler, comme s'ils rencontraient une barrière infranchissable lorsqu'il s'agit de décrire un processus musical par le langage verbal - l'impossibilité ?
Rubrique [Analyses d'oeuvres] :
[Vincent Tiffon,
coordinateur de la thématique Analyses d'oeuvres].
Joseph DELAPLACE, « Rothko Chapel de Morton Feldman : approches analytiques d'une « procession immobile », DEMéter, novembre 2011, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/analyse/delaplace.pdf
Résumé : En 1971-1972, le compositeur américain Morton Feldman (1926-1987) écrit Rothko Chapel, une oeuvre destinée à être jouée dans l'édifice qui abrite quatorze grandes toiles du peintre disparu en 1970. Cet article a pour ambition d'envisager la partition sous l'angle de la correspondance des arts, à la croisée de l'analyse musicale et de la réflexion esthétique. Nous interrogeons notamment la possibilité, pour une forme musicale séquentielle, d'entrer en résonance avec la continuité qui s'instaure entre les panneaux exposés dans la chapelle. L'enjeu est aussi de déterminer si Feldman nous ouvre à une compréhension enrichie, différente ou divergente de Rothko, et si en retour Rothko nous permet d'entendre autrement les couleurs sonores de Feldman.
Rubrique [dialogue des arts] :
Cette
thématique propose des articles dont l'objectif est de sortir
des frontières de la spécialité pour s'ouvrir à
la question de la relation des arts au sein de la création
contemporaine (processus musicaux à l'origine d'œuvres
littéraires ; musicalité des langues dans la poésie
et la littérature ; mythes traversant les imaginaires
nationaux européens - Faust, par exemple, croisements
cinéma/arts plastiques/littérature/architecture…).
[Joëlle
Caullier,
coordinatrice de la thématique « dialogue des
arts »].
Eve-Norah PAUSET, « A la recherche du temps perdu : de Wagner à Schönberg », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/dialogue/pauset.pdf
Résumé :
On a souvent fait le parallèle entre la
composition musicale, notamment wagnérienne, et À
la recherche du temps perdu de
Proust. Mais si la culture musicale de Proust, les goûts de
Proust, les compositeurs cités dans son œuvre,
compositeurs au reste utilisés pour construire l’œuvre
de Vinteuil, inclinent à opérer le transfert, le
compositeur fictif et la « petite phrase » de
sa sonate sont là pour illustrer autre chose qu’une
structure transférable, l’œuvre de Vinteuil étant
là pour diriger l’enjeu du roman : l’œuvre
future.
Or, certains commentateurs ont valorisé la place
essentielle accordée au fragment dans le roman : de la
fragmentation même de celui-ci par sa génétique,
à la place prépondérante qui lui est offerte
comme thématique sous-jacente, en particulier dans sa
confrontation à la succession et à l’unité.
Rôle primordial donc, qui fait retour sur les arts « du
temps » et la discussion d’un art fragmentaire (de
la facettisation à l’ébauche) comme d’un
temps-espace, lequel est également l’enjeu de la
réception de l’art qui s’aborde très
souvent en termes visuels chez Proust, jusqu’à provoquer
la frustration du héros du roman, et la prise de
conscience de ses lacunes qui l’ont empêché de
créer lui-même : l’impossibilité de
synthétiser les arts ; l’impossibilité
d’aimer totalement une œuvre qui ne se présente
que fragmentairement ; l’impossibilité d’être
le génie dont la vision englobe la totalité de l’œuvre
en tant que volume.
Antoine BONNET, « Boucourechliev et Celan. A propos de Lit de neige », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/dialogue/bonnet1.pdf
Résumé : Si Boucourechliev a peut-être côtoyé Celan autour des questions de l’autre et de la mise à distance du souci de l’art dont témoigne son approche de l’œuvre dite « ouverte » dans les Archipels, il s’en est plus sûrement détourné en mettant en musique Lit de neige (Schneebett) dans un esprit qui est celui de la tradition lyrique européenne. Surgit alors la question plus générale de la sortie du romantisme.
Antoine BONNET, « Stimmen : l'exposition des voix. Lecture musicale de Celan », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/dialogue/bonnet2.pdf
Résumé : On s’efforce de comprendre un apparent paradoxe : la présence de fait dans le poème Stimmen d’une certaine « construction » (au sens où le musicien sait en repérer dans les partitions) alors que Celan est à l’opposé de toute approche formaliste de la poésie. Une interprétation est faite de « l’oubli » de la cinquième partie du poème lors d’une lecture enregistrée, oubli qui a pour effet de ruiner ladite construction. Le texte fait également un rapprochement avec la « grille » d’un chant hussite dont parle Jakobson à propos du parallélisme en poésie.
Rubrique
[entretiens] :
Entretiens
avec différents acteurs et observateurs du monde de la
création contemporaine.
Don FORESTA, « L'Interactivité : l'artiste et le réseau », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/entretiens/foresta.pdf
Résumé : « En éditant cet entretien avec Don Foresta, nous avons voulu rendre compte des expériences personnelles et collectives des artistes pionniers de l’art-vidéo et des réseaux de communication. À travers ce parcours historique des premières expositions interactives de photographies jusqu’aux “concerts partagés”, rendus possibles aujourd’hui grâce aux réseaux haut-débit, Don Foresta témoigne des possibilités d’expression artistique liées aux technologies de communication les plus utilisées. En rappelant le rôle essentiel de l’expérimentation dans la genèse des nouvelles formes artistiques, il nous incite à prendre part à la création d’un espace partagé (interactif par essence) sur le réseau de l’Internet 2 et 3. » [Entretien réalisé par Vincent Tiffon]
François BAYLE, « Entretien », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/entretiens/bayle.pdf
Résumé : « La réalisation de cet entretien avec François Bayle a eu comme objectif premier d'approfondir la compréhension de sa conception du sonore. Le concept d’image de son (i-son) est évidemment l’élément central de sa pensée à propos du sonore. Nous l’avons approché en tant qu’élément présent dans l’espace et perçu par l’oreille. François Bayle nous présente le son en tant que présence porteuse de dimensions spatiales multiples. Il nous montre également que l’intentionnalité de l’écoute est un des éléments déterminants dans la perception des sons dans l’espace. Le compositeur rappelle enfin que les représentations mentales sont construites et que les images sonores de la musique sont composées. » [Entretien réalisé par Isabel Pires]
Laurent CUNIOT, « Entretien », DEMéter, décembre 2007, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/entretiens/cuniot.pdf
Résumé : « L'ensemble instrumental TM+, sous la direction de Laurent Cuniot, a été inauguré le 16 décembre 1986, avec un concert à Radio-France. Dix années plus tard, il entre en résidence à la Maison de la Musique de Nanterre. Cette rencontre, assez rare, entre une municipalité, soucieuse des besoins des couches sociales populaires, et un quarteron de musiciens de très haut niveau, se consacrant à une musique particulièrement savante, réputée difficile d'accès, a des résultats positifs. TM+ peut remplir plusieurs fois par an, les 500 places du grand auditorium de la Maison de la Musique de Nanterre, avec des concerts de musique contemporaine. Cela tient certainement à la personnalité de celles et ceux qui, depuis le début, portent ce projet. Mais s'en tenir à cela serait se priver de puiser dans cette expérience, des spécificités qui pourraient être utiles à tous. » [Entretien réalisé par Jean-Marc Warszawski]
[Rubrique : Manières de créer des sons ] : Créer des sons en musique, c’est engendrer des formes qu’on peut étudier en elles-mêmes, de façon immanente, mais c’est aussi mettre en œuvre des dispositifs à travers lesquels le musical est produit et donné à entendre. Le sonore est processus, forme en acte autant que forme achevée et signifiante. Il y a des manières de créer des sons, dans la musique elle-même mais aussi dans les autres arts de la voix. Dispositifs techniques, architecturaux, postures humaines solitaires ou partagées, pratiques gestuelles codifiées ou non : comment décrire ces diverses modalités concrètes de production du sonore et quelle signification, esthétique, historique ou sociale leur accorder ? [Anne Boissière, coordinatrice de la thématique « manières de créer des sons »]
Vincent TIFFON, Romain BRICOUT, Rémi LAVIALLE, « Sortir de l'aporie du concert acousmatique par le jeu des arts de la sonofixation », DEMéter, juin 2007, Université de Lille-3, disponible via http://demeter.revue.univ-lille3.fr/manieres/edesac1.pdf
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Résumé : Comment expliquer le relatif échec des concerts acousmatiques, leur faible inscription dans le « vivre ensemble » musical ? N'y a-t-il pas une contradiction dans le terme même de « concert acousmatique » ? Quel rapport au temps entretiennent les compositeurs des « arts des sons fixés » ? Quelles solutions apporter pour une véritable diffusion de la musique acousmatique ? Comment réintroduire un vivre-ensemble dans l'expérience d'écoute des arts des sons fixés sur support ? |
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ARTICLES
PUBLIES EN 2007
Rubrique [travaux de doctorants et post-doctorants] :
Cette rubrique se propose d'accueillir des travaux sur les arts contemporains de doctorants ou de jeunes docteurs, travaux qui, bien que n'entrant pas directement dans le cadre des thématiques du Centre de recherche, ont paru au comité de lecture intéressants dans leur objet ou leur démarche et dignes d'être connus. C'était une manière d'offrir à de jeunes chercheurs une tribune qui trop souvent leur fait défaut. Il va sans dire que la publication de ces articles est soumise aux mêmes critères d'appréciation et au même comité de lecture que les autres rubriques de DEMéter.
[Joëlle Caullier et Vincent Tiffon, coordinateurs de la rubrique « travaux de doctorants et de post-doctorants »].
Océane DELLEAUX, « Les multiples et les « autres » multiples depuis le milieu des années 1980. Bilan d'une enquête », DEMéter, décembre 2006, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/doc/delleaux.pdf [803 ko : Le temps de téléchargement peut être long en bas débit].
Résumé : L’enjeu de cette vaste recherche fut de dater et d’analyser les multiples et « autres » multiples en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que d'étudier leurs nouveaux modes de vulgarisation à travers tous les secteurs de l’art. Dans cette optique, je me suis intéressée au nouvel essor de la pratique et du marché de ces éditions d'artistes contemporaines. Ces dernières connaissent à partir de la seconde moitié des années 1980 jusqu’à aujourd’hui toute une série de mutations, en particulier la diversification des moyens d’expression des artistes, l’essaimage des pratiques et espaces de diffusion des éditions et de nouvelles relations entre l’œuvre d’art et la production industrielle. Cette vulgarisation n'a pas été sans heurts. En effet, les artistes doivent tenir compte des exigences du marché et des prérogatives des divers acteurs de la scène artistique.
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Rubrique [la copie] :
« La copie : s'approprier, corriger, s'inspirer ? » : il s'agit de penser toutes les formes de copie en art : copier des modèles, s'inspirer d'un maître, d'une école, copier la musique (cf. article copiste » du Dictionnaire de Musique de Rousseau), pasticher, parodier, emprunter, fausser, plagier, mais aussi s'approprier intellectuellement, méditer… [Catherine Kintzler, coordinatrice de la thématique « la copie »]
Mathilde Vallespir, « Pastiche et récriture : Mallarmé, Ravel, Debussy, le Placet futile », DEMéter, décembre 2006, Université de Lille-3, disponible via http://www.univ-lille3.fr/revues/demeter/copie/vallespir.pdf [368 ko : Le temps de téléchargement peut être long en bas débit].
Résumé : L’étude suivante s’interroge sur la notion de pastiche, et plus exactement, sur la possibilité pour un pastiche d’être un genre « trans-sémiotique », c’est-à-dire propre à plusieurs systèmes langagiers, et plus particulièrement ici, si, au-delà de sa nature littéraire, le pastiche peut être considéré comme un genre musical. Cette question, posée à travers une étude particulière, engage à prendre en compte une autre problématique : celle de la récriture. Il s’agit en effet de s’interroger sur les enjeux de la récriture par Ravel et Debussy d’un pastiche de Mallarmé, le Placet futile. L’analyse précise du poème et de ce que l’on a coutume d’appeler ses « mises en musique » nous mène à poser ces questions. On mesure ainsi les implications formelles, structurales et plus globalement esthétiques de la récriture musicale d’un pastiche, pour parvenir à montrer, au terme d’une étude qui aura précisé les différents niveaux de relation entre musique et langage présents dans la « transfusion musicale » du poème, que ce n’est pas tant la récriture ravélienne et debussyste de Mallarmé que l’on a analysée, que la récriture mallarméenne de Ravel et Debussy.
Nous vous rappelons que vous pouvez faire part de vos réactions et proposer à votre tour un article en utilisant le lien [appel à contribution] ou en écrivant à demeter@univ-lille3.fr
Bien cordialement,
Vincent Tiffon
www.univ-lille3.fr/revues/demeter
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